FR0041 SNCASE Mistral

Historique : 
L'industrie aéronautique française, sévèrement affectée par la Seconde guerre mondiale, utilise les chaînes de montage existantes (Nord Criquet, qui est un Fieseler Storch adapté) ou lance la production d'appareils sous licence. Parmi ces derniers, le DH 100 Vampire est construit par la SNCASE à raison de 187 exemplaires. Toutefois, le Vampire apparaît sous motorisé. De Havilland avait déjà étudié l'adaptation d'un moteur Rolls-Royce Nene sur le Vampire, la SNCASE reprend ces études pour produire le Mistral (l'Australie fait de même, en parallèle).

Le Mistral (alias DH 100 Mk 53) est donc l'adaptation du Vampire à un moteur plus performant, le Rolls-Royce Nene, également construit sous licence en France, qui a 80 % de puissance en plus que le DH Goblin du Vampire, ce qui impose des modifications importantes de l'appareil : les entrées d'air sont redessinées, les ailes modifiées pour adaptation de réservoirs, le ventre est légèrement gonflé pour faciliter l'écoulement d'air. Comme le Vampire, le Mistral est construit essentiellement en bois, mais résistant, un Mistral de la 7 EC subit 8G le 23 mars 1954. Le 21 décembre 1952, Jacqueline Auriol bat le record du monde féminin sur avion à réaction sur un Mistral, qui est affecté ultérieurement à la 7 ème EC.

Les Mistral de série produits jusqu'au numéro 97 portent la désignation SE-532, les suivants sont des SE-535, la différence entre les deux versions tient uniquement au siège du pilote, fixe sur le SE-532, éjectable sur le SE-535. La production de sièges éjectables supplémentaires permet, lors d'opérations de maintenance sur les SE-532, de monter les sièges E86 sur ces derniers, qui prennent alors la désignation SE-535.

La SNCASE construit 247 exemplaires du Mistral entre 1951 et 1953 dans son usine de Marignane. Le n°2 se voit même essayer un train d’atterrissage à skis. La climatisation cabine est adaptée pour les appareils servant en Afrique du Nord. Suite à de nombreux éclatements verrière, l'altitude maximum est limitée à 7 500 m.

Les Escadres de Chasse suivantes sont équipées de Mistral : 6 ème (Oran-La Sénia), juin 1952 / 1960, 7 ème (Bizerte-Sidi Ahmed), printemps 53/ 1961, 5 ème (Orange-Caritat) 1954/ 1957, 8 ème (Rabat-Salé), mars 1955/ septembre 1959. Elles sont toutes engagées en Algérie, ainsi que l'escadron 1/20 (base Oran puis Boufarik) qui utilise les Mistral provenant de la 7 ème EC de décembre 1957 jusqu'en octobre 1960. Des Mistral sont également affectés à l’École de l'Air.

Spécifications : monomoteur monoplace de chasse et d'attaque au sol. Moteur  : Rolls-Royce NENE de 2 270 kgp. Envergure 11,58 m, longueur 9,37 m, surface alaire 24,25 m2, masse 4 926 kg. Vitesse maximale : 915 km/h. Plafond 13 400 m, autonomie 1 300 km, 1 800 km avec réservoirs supplémentaires. Armement : 4 canons Hispano M 50 de 20 mm. Emport de 8 lance-roquettes et deux bombes de 450 kg, ou deux réservoirs largables de 454 litres chacun.

Camouflages :
  • Mistral SE-535 n°82, 8-PB, EC 1/8 "Maghreb", Rabat-Salé, Maroc, 1957.
  • Mistral SE-535 n°195, 7-BC, 7 ème EC, Telergma, Algérie, 19 août 1958.
  • Mistral SE-535 n°64, 20-LF, EC 1/20 "Ouarsenis", Boufarik, Algérie, 1959.

Remarques :

  • Les deux sièges pour le SE-532 et le SE-535 seront fournis dans la boîte, ce qui permettrait donc de monter un SE-532, à condition de réaliser les schémas de camouflage correspondants (jusqu'au 97, les Mistral produits sont des SE-532, les 535 les suivant sur la chaîne de production).

Documentation :

  • Fana de l'Aviation n°129 à 131 (août à octobre 1980), Jean Jacques Petit, Editions Larivière